Pour Pierre, Michèle et leurs 9 enfants, oser, rêver et réaliser est un véritable leitmotiv. Le voyage est la façon qu’ils ont trouvée pour réaliser leur rêve de découvrir le monde. Rencontre avec une tribu tricotée serrée.
par Diane Laberge
Elle est Québécoise, lui Français. Ils vivent sur une ferme en Montérégie, élèvent des poules, transforment le métal et élèvent 9 enfants avec un sens de la démocratie peu commun. Ce qui les distingue? Une envie extraordinaire de voir du pays, de découvrir le monde, de côtoyer d’autres cultures. Tout ça en famille!
Pierre Dury et Michèle Leclerc se sont mariés en France il y a 27 ans et leur voyage de noces à travers l’Europe a duré… des mois. De cet amour, du voyage et de la vie, sont nés 7 enfants. Pour compléter cette belle tribu, le couple a adopté les jumelles Marie-Pierre et Marie-Michèle, aujourd’hui âgées de 15 ans. Partis en voyage à vélo avec quatre de leurs enfants, c’est avec six enfants qu’ils rentreront donc du Vietnam en 1996.
Depuis, la famille a continué de bourlinguer aux quatre coins du monde, choisissant ses destinations de la façon la plus démocratique qui soit. «On en discute durant des semaines. Chacun apporte son grain de sel. Le choix de la destination peut être inspiré d’un reportage, d’un documentaire, d’un livre de géographie ou d’une rencontre.» Dans le cas de l’Égypte, leur dernier voyage, c’est en lisant Les Cigares du Pharaon de la série Tintin que l’idée est venue d’aller découvrir les pyramides et le désert africain.
Le gros morceau: l’avion
La famille s’organise pour pouvoir faire un grand voyage d’au moins 3 mois à tous les 2 ans. «Il faut partir longtemps, question d’amortir le coût des 11 billets d’avion», convient Michèle. «Je n’aime pas l’idée préconçue qu’ont bien des gens que, pour voyager, il faut être riche. Nous avons un budget par jour qui revient souvent beaucoup moins cher que de rester à la maison», poursuit celle-ci, insistant sur le fait que les plus âgés de la famille contribuent aussi, dans la mesure du possible. «Plusieurs sont comédiens au cinéma et à la télévision. Danièle – 12 ans – adore garder et Charles – 10 ans – vend les œufs de ses poules, ce qui leur permet d’accumuler en totalité ou en partie les sous nécessaires à payer leurs propres billets. Pour nous, cette démarche est aussi une belle façon de leur faire comprendre le sens du travail et la valeur de l’argent», estime la maman qui convient qu’une fois le transport aérien réglé, le reste est d’une simplicité désarmante. «Nous voyageons en totale autonomie avec deux tentes et tout le matériel pour cuisiner. Comme nous intriguons toujours un peu, il nous arrive de recevoir des invitations que nous nous empressons d’accepter. En plus de créer des liens, ça fait drôlement plaisir.»
À vélo? À dos de chameau? En felouque?
Dans la mesure du possible, le choix de la destination se fait en choisissant d’abord le moyen de transport. «On aime privilégier les modes de déplacement écologiques, non motorisés. C’est pour nous la meilleure façon d’aller à la rencontre des gens et de découvrir leur culture», poursuit la famille. Pierre, le papa, prend son rôle d’ambassadeur très au sérieux. «En tant que touristes, nous représentons notre pays. Le respect des lieux comme des autres cultures est primordial pour nous.»
En 2009, c’est à vélo que la famille entière a décidé de traverser le Canada, de Victoria aux Iles de la Madeleine, dans un périple de 2 000 kilomètres effectué en deux étapes sur d’anciennes voies ferrées transformées en pistes cyclables. «En Colombie-Britannique, la Galloping Goose nous a fait découvrir l’île de Vancouver tandis que la vallée Kettle nous a offert une expérience pénible mais ô combien merveilleuse.» Sur la route des glaciers, ours, wapitis et orignaux ont croisé le chemin cette petite famille pas ordinaire.
Cette année, c’est à dos de chameau qu’ils ont décidé d’explorer le désert. «Pour chaque voyage, nous laissons les enfants très libres de nous suivre ou pas», déclare Michèle, fière des liens de solidarité et d’entraide que tissent nécessairement ce genre de voyage.
La planification des voyages semble aussi importante que le reste. «Elle fait partie du plaisir et nous permet de rêver, de décider ensemble ce qu’on va faire, ce qu’on veut voir.» 3 mois de préparation sont souvent nécessaires pour régler toutes les étapes, y compris les vaccins, l’achat d’équipements ou la recherche de commanditaires.
L’école de la vie
Les voyages de la famille Dury-Leclerc ne se font pas toujours durant les vacances scolaires. «Pour Jean-Cristoph qui est à l’université, il arrive qu’il prenne quatre sessions d’affilées, sans arrêt et même l’été, pour pouvoir partir après ses examens. Pour ceux au niveau du cégep, ils poursuivent leurs études à distance tandis qu’au secondaire, on suit un programme de formation internationale, avec devoirs et examens.» La meilleu...
Pierre Dury et Michèle Leclerc se sont mariés en France il y a 27 ans et leur voyage de noces à travers l’Europe a duré… des mois. De cet amour, du voyage et de la vie, sont nés 7 enfants. Pour compléter cette belle tribu, le couple a adopté les jumelles Marie-Pierre et Marie-Michèle, aujourd’hui âgées de 15 ans. Partis en voyage à vélo avec quatre de leurs enfants, c’est avec six enfants qu’ils rentreront donc du Vietnam en 1996.
Depuis, la famille a continué de bourlinguer aux quatre coins du monde, choisissant ses destinations de la façon la plus démocratique qui soit. «On en discute durant des semaines. Chacun apporte son grain de sel. Le choix de la destination peut être inspiré d’un reportage, d’un documentaire, d’un livre de géographie ou d’une rencontre.» Dans le cas de l’Égypte, leur dernier voyage, c’est en lisant Les Cigares du Pharaon de la série Tintin que l’idée est venue d’aller découvrir les pyramides et le désert africain.







