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VOYAGER KAYAK AU DOS!

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altpar Diane Laberge

Explorateur dans l’âme, Marc Pilon découvre très jeune qu’il vaut mieux travailler pour vivre que de vivre pour travailler.  Depuis vingt ans, par cycle de cinq ans, il alterne entre moments de labeur et de liberté.  Cette liberté, il la passe plus souvent qu’autrement au fil de l’eau, si ce n’est kayak au dos. DÉCOUVERTES l’a rencontré pour vous.

 


 

 


À cinquante-deux ans, il en paraît à peine quarante. Le grand air, l’exercice,  la bonne bouffe et la liberté lui donnent un air d’éternel adolescent.  Il se rappelle que déjà, à l’âge de six ou sept ans, la curiosité l’amenait à vagabonder sur les chemins de la découverte, dès la sortie des classes, et ce,  au grand désarroi de ses parents inquiets. Chaque semaine, il plonge dans l’univers des aventures de Bob Morane et de Doc Savage et… il rêve. Lorsqu’il dégote son premier job de guide de voyages, à l’âge de dix-sept ans, ses parents doivent vite se faire à l’idée que Marc Pilon a le profil parfait du globe-trotter et qu’il tisse déjà les fils de la toile sur laquelle il choisira de dessiner un parcours de vie assez inusité.

La véritable piqûre des voyages lui arrive par le biais d’un reportage télé. Le documentaire raconte l’histoire de deux jeunes passionnés traversant le Canada en canot. Ce qui retient surtout son attention, c’est que les aventuriers en herbe avouent ne rien connaître en canotage avant de se jeter à l’eau. Chaque jour est donc pour eux un nouvel apprentissage, un défi. Experts, ils deviendront au fil du temps après une multitude d’essais et erreurs tout au long d’un parcours rempli de surprises. Voilà donc notre homme totalement sous le charme et prêt à partir à son tour. Il faut dire que son travail de guide l’a amené à développer des aptitudes certaines pour la vie de nomade. Entre 19 et 24 ans, il deviendra un auto-stoppeur aguerri. Sac au dos, il parcourt d’abord  le Canada puis ce sont les États-Unis d’Amérique.  Il vivra pendant cinq ans son  propre American Dream, gagnant sa croûte ça et là, jusqu’à ce qu’il décide de revenir au Québec et de retourner aux études. Il y lance en 1985 sa première entreprise en informatique avec une idée déjà bien arrêtée : il la vendra dans cinq ans. Et c’est ce qu’il fait depuis : créer des entreprises, les développer fougueusement avant de les vendre avantageusement cinq ans plus tard. Dans la vie de Marc Pilon, le chiffre cinq est omniprésent. Saviez-vous qu’en numérologie, le cinq est le symbole de la vie, du mouvement et de la liberté?

 

 

Larguer les amarres!

 

 

Dans le parcours vagabond de Marc Pilon, la mer n’est jamais très loin. En 1991, après la vente de sa première entreprise, il vend aussi maison, voiture et meubles  et part pour la Floride où il fait l’acquisition de son premier voilier, un Tayana de 37 pieds. Le hic? Il n’y connaît strictement rien en voile. Planchiste émérite, il aime l’eau et n’a pas froid aux yeux.  Mais de là à naviguer sur les mers du sud, il y a un pas de géant…que Marc n’hésite pas à franchir. Il s’arme dès lors de son livre-fétiche « Le nouveau cours de Glénans » qu’il recommande chaudement à tout novice. «  C’est beaucoup mieux que  La voile pour les nuls….» ironise Pilon qui enchaîne en faisant une véritable apologie du bouquin où il a tout appris. « Chaque page élabore un défi technique en combinant poésie, humour, valeurs humaines et respect de la mer. Ce livre m’a permis de développer un véritable mode de vie tout en faisant l’étude approfondie de techniques de voile essentielles ».  Après quelques aller-retour à Key West et Key Largo, désormais armé pour affronter les défis qui l’attendent, il largue les amarres. Ce sera la grande traversée du Gulf Stream jusqu’aux Bahamas et les îles Turquoises. Le voyage durera un an et demi. Il apprendra à faire de la plongée et de la chasse sous-marine, question de ramener à bord la prise du jour qu’il poêlera, parfumée et bien assaisonnée.  « Après plus de dix-huit mois en mer, je suis revenu sur la terre ferme et le contraste fut saisissant. Je choisis New-York pour passer les huit mois suivants avant de repartir avec une copine pour huit autres mois en Amérique centrale, en motocross Kawasaki KDX 300 et Yamaha DT-200. Le soir, nous dormions sur les plages, en camping ou à la belle étoile » se rappelle Pilon.

Un kayak pliant? Vous voulez rire?

C’est en 1993 qu’une amie l’initie au kayak pliant. « Je me souviens de la première fois où j’en ai entendu parler. Je croyais avoir mal compris. Mais non, quand j’ai vu la chose, j’ai littéralement capoté». Pour les sceptiques, spécifions qu’un kayak pliant est tout sauf fragile. Ce type de kayak existe en fait depuis une centaine d’années et a été grandement utilisé par les armées en temps de guerre. «  Saviez-vous que certains kayakistes ont traversé le Cap Horn à bord de kayaks pliants? » lance fièrement Pilon. Pour lui et bien d’autres, il s’agit sans contredit du kayak des explorateurs.  Pourquoi? Pour sa résistance extrême, d’abord et avant tout. Le kayak pliant est fait d’une structure composée de baguettes de bois ou d’aluminium tandis que la toile qui l’habille est faite d’une matière ultra-résistante, celle-là même qui sert à la fabrication des pneumatiques. «  L’hypalon est un tissu en néoprène extrêmement résistant et durable. Il n’est pas rare de pouvoir naviguer jusqu’à vingt ans avec le même équipement. Le choix de la structure par contre dépend de l’utilisation que l’on fait de son kayak. L’aluminium est plus léger mais nécessite toutefois entretien plus intense  si l’on navigue dans les eaux salées. Le bois par contre est plus robuste et plus facile à réparer si l’on fait des expéditions lointaines » précise Marc.  Parmi les avantages du kayak pliant, la stabilité arrive au sommet de la longue liste. Comparativement à un kayak traditionnel, le kayak pliant est plus large donc beaucoup plus stable. « Ce kayak, avec ses chambres à air se déployant sur toute la longueur de l’embarcation,  offre la stabilité nécessaire pour la baignade, la pêche et la villégiature et ce, comme aucun autre kayak ne peut le faire » ajoute-t-il. De plus, les coffres de l’embarcation permettent de stocker jusqu’à 150 kilos  de bagages. «  Pouvoir charger à bord autant de matériel est certes un avantage sauf quand vous devez faire le taxi pour tous vos amis munis de kayaks traditionnels qui ne bénéficient pas, d’autant d’espace de rangement.»  Ce qui a charmé notre aventurier? Deux choses : la possibilité d’ajouter une voile à son kayak ainsi que la flexibilité lui permettant de passer de kayak solo à kayak double en quelques minutes. « Le temps de montage d’un kayak pliant est d’environ 30 minutes. Que vous soyez seul ou que vous préfériez naviguer à deux, la transformation du kayak ne demande que quelques minutes à peine ».

Marc Pilon s’achète son propre kayak pliant en 2000. Il expérimentera celui-ci dans le fjord du Saguenay d’abord, pour ensuite explorer les îles Mingans, naviguer en compagnie des alligators dans les marais des Everglades et batifoler dans les eaux bleues de l’archipel hawaïen, sur  l’île de Kauai. Avec plusieurs dizaines d’expéditions à son actif, Marc Pilon ne tarit pas d’éloges à propos de son fidèle compagnon. «  Quand tu décides de voyager kayak au dos, c’est certain que tu attires le regard des curieux. Et l’expérience commence dès l’arrivée à l’aéroport et l’enregistrement des bagages » s’esclaffe-t-il.  Le sac contenant le kayak pèse à lui seul environ 35 kilos.  Il vous en coûtera 50$ pour lui assurer une place dans la soute à bagages. Dangereux pour le kayak? «  Aucunement puisque le sac est quasi indestructible ». Marc précise que la structure de bois étant faite d’une dizaine de branches qui, bien attachées ensemble constituent un genre de fagot de 30 cm par 30, impossible de casser quoi que ce soit. Quant à la toile, on l’a déjà dit, elle est robuste et ultra-résistante.

Le vent dans les voiles!

En 2001, Marc atterrit à Kauai par un beau dimanche ensoleillé. En habit de ville, armé de ses trois gros sacs de voyage, il hèle un taxi, engouffre son matériel dans le coffre arrière et demande au chauffeur de s’arrêter dans une épicerie et de l’attendre, le temps de quelques courses.  Voilà Marc de retour sur le siège passager, demandant au chauffeur de l’amener maintenant dans un parc de la côte. Marc paie la course au chauffeur ahuri et commence à se changer sur la plage avant d’ouvrir ses sacs et de commencer le montage de son embarcation. « Compliquée la vie? C’est si simple pourtant quand on la prend comme elle vient » ajoute en souriant le globe-trotter.

À cette étape-ci de l’histoire, certains se demandent certainement ce que l’on doit prévoir dans ses bagages pour ce genre d’expédition. Sachez qu’il est bon de se munir de quelques épices de base et d’un fil à pêche, très pratique pour les prises du jour. Pour  le reste, côté cuisine,  les campings qui foisonnent le long de la mer offrent les aliments de base qui peuvent même être achetés frais et conservés deux ou trois jours dans de la glace sèche. Les palmes et le wet suit sont essentiels de même qu’un équipement de sécurité de base (radio marine, cartes marines, sifflet, lampe balise, pompe, etc. Les bonbonnes de propane s’achètent habituellement sur place, question de sécurité.

Kauai donc. Du bleu plein la vue. Une mer accueillante, des plages qui le sont tout autant. Kauai est la plus vieille des îles principales de l’archipel hawaïen et la quatrième par la superficie avec 1 430 km². Elle est aussi connue sous le nom de Garden Isle (Ile Jardin). «  Tout le long de ses berges, on peut facilement trouver des campings à 4 ou 5$ par jour, fréquentés majoritairement par une faune alternative composée de vieux hippies et de baba-cool qui trippent musique et randonnée ». Plusieurs semblent même avoir élu domicile fixe sur les sites paradisiaques des nombreux campings de l’île,  pour la plupart érigés en bordure de la  mer.  Marc Pilon est d’avis que voyager de cette façon favorise nécessairement les rencontres hors de l’ordinaire et permet de créer des liens avec des gens qui partagent la même manière de vivre.

Naviguer à voile sur les mers du sud n’est jamais bien loin de l’extase. «  Sortir à voile en kayak, alors là, c’est absolument jouissif !» ajoute celui qui visiblement sait profiter de la vie.

Beaucoup de kayaks pliants offrent la possibilité d’y ajouter un mât sur lequel on  hisse une petite voilure qui permet de « prendre le vent » et de laisser tomber les pagaies pour quelque temps. La voile peut atteindre 5 mètres de haut et peut être réduite en tout temps par un système ingénieux de fermetures                                                                                                                                       éclair.  Par bon vent, la vitesse de croisière augmente ainsi considérablement. Comme le kayak se dirige  aussi avec les pieds via le gouvernail, hisser la voile permet de garder ses deux mains entièrement libres pour faire autre chose comme prendre des photos.  Pour Marc, c’est souvent le temps d’une pause et d’un bon verre de vin bien frais.

Voyager kayak au dos est le mode de vie que choisit Marc Pilon quand il n’est pas à bord d’un voilier quelque part sur la planète. De cinq ans en cinq ans, il échange le costard de l’homme d’affaires pour le wet suit de l’aventurier. Après tous ces éloges, on se demande pourquoi le kayak pliant est encore si peu connu. «  Selon moi, ce n’est qu’une question de coût d’achat et de mauvais marketing. Comme il n’y a pas de manufacturiers au Québec, acheter son kayak au moyen d’internet n’est pas encore entré dans les mœurs ».

Le kayak de Marc Pilon est un Greenlander 500. Il est muni d’une voile simple signée Nautiraid et d’une voile plus sophistiquée fabriquée par Ballogh.  Au moment où vous lirez ces lignes, il navigue quelque part sur les eaux profondes des Abacos, aux Bahamas. Vous aimeriez avoir de ses nouvelles? Visitez notre site internet à www.decouvertesmag.com ou www.flickr.com/ma_muse

 



Entre 1 500$ et 10 000$.

Pour 4 000$, vous avez un kayak très bien équipé.

Temps de montage :

30 minutes

Fabricants :

Kayak

-        Nautiraid : www.nautiraid.com

-       Klepper : www.klepper.org

-       Folboat : www.folboat.com

-       Feathercraft : www.feathercraft.com

Voile

-       Balogh : www.baloghsaildesigns.com

-       Nautiraid

-       Klepper


En savoir plus? :

www.foldingkayaks.org

Initiation au kayak de mer en ligne : www.fra.kayakpaddling.net/?go

 

 

 

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Découvertes
 
 

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