Par Diane Laberge
Autrefois territoires exclusifs de chasse et pêche, les pourvoiries se sont mises au goût du jour offrant diversité et authenticité à qui veut profiter des charmes de l’arrière-pays et accéder à  l’immensité, 365 jours par année. Découvertes s’est intéressé à  ce qui pouvait bien y attirer de si nombreux touristes français.
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Le Québec dénombre plus de six cents pourvoiries qui constituent le vaste réseau joliment nommé «les aubergistes de la forêt ». Une bonne majorité d’entre elles se retrouve plus particulièrement en Mauricie et dans Lanaudière. À parcourir les contrées blanches de ces deux magnifiques régions, parsemées de lacs et entourés des montagnes du massif laurentien, on comprend mieux l’attrait exercé auprès des amants de nature, vierge et sauvage.
Les dernières années ont vu les pourvoiries se transformer du tout au tout. Beaucoup d’entre elles misent dorénavant sur l’hiver pour développer leur clientèle. La rusticité des installations a de quoi plaire aux amateurs de simplicité…volontaire. Parmi toutes les formes d’hébergement, le petit chalet de bois rond a la cote malgré que l’auberge forestière soit aussi de plus en plus en demande. Peu importe le modèle choisi, pourvu que l’on puisse partir en toute sécurité à la conquête du décor bucolique environnant.
Activités tous azimuts
Le territoire offre des milliers de lacs et rivières qui, une fois recouverts d’une bonne grosse couche de glace, procurent aux petits comme aux grands les plaisirs ludiques les plus fascinants. La pêche blanche compte de plus en plus d’adeptes. Il faut voir se monter les cabanes de bois rudimentaires, se percer les trous dans la glace, s’attiser les feux dans la cheminée et s’éclairer aux lanternes les soirées improvisées pour comprendre toute la magie exercée par une activité pourtant si simple mais ô combien conviviale. Familles, enfants et amis s’entassent par dizaine dans ces versions microscopiques de « ma cabane au Canada » où l’atmosphère est souvent à la fête. Le petit verre de caribou n’étant jamais bien loin pour réchauffer les sens et les esprits.
L’hiver, les lacs du Québec regorgent de brochets, de truites mouchetées et de dorés bien dodus, qui, eux aussi,  se tiennent en bande et bien au chaud dans les profondeurs. Muni d’un simple fil de pêche, avec un brin de patience et beaucoup de plaisir, on parvient à les faire passer directement du lac à la poêle. Les guides expérimentés qui accompagnent souvent le client de pourvoirie aiment raconter les origines de la pêche blanche tout en préparant le poisson pour leurs invités. Ces conteurs et « raconteux »-  comme on aime les appeler-  font partie de l’expérience, la rendant plus chaleureuse encore.
Pour ceux en quête d’un séjour rempli d’action et d’aventure, les pourvoiries ne sont pas en reste avec des activités telles le traîneau à chiens, la motoneige hors-piste et la randonnée en raquette sur les sentiers des nombreux parcs régionaux et nationaux à sillonner le territoire. L’activité accompagnée d’un guide-interprète permettra souvent d’en apprendre davantage sur la faune habitant ces paradis perdus. La région au nord de Saint-Michel des Saints ou de Saint-Alexis-des-Monts - en particulier - regroupe quelques pourvoiries dont la réputation dépasse les frontières en raison du décor bucolique et de la qualité de l’accueil qu’on y réserve. Les formules clé en mains ou sur mesure sont de plus en plus nombreuses, question d’adapter le séjour aux besoins des visiteurs.
Malgré que la plupart des pourvoiries offrent le même type d’expériences, l’accueil du proprio, les employés et les guides-interprètes de la nature font souvent toute la différence, rendant mémorables les moments passés tant en expédition qu’autour du feu et d’une bonne bouffe entrecoupée de rires et de franche camaraderie.
On se surprend que si peu de québécois pensent passer l’hiver chez eux, au cœur de la nature. Lors de mon séjour en pourvoirie, j’ai pu côtoyer mes cousins français, nombreux à venir « s’enrichir » de notre culture. C’était le cas notamment de mon nouvel ami Étienne qui, légèrement surpris de ne pas être accueillis par des indiens à plumes, tomba littéralement sous le charme de nos pages d’histoire remplies de trappeurs, de bûcherons et de coureurs des bois. Bien que l’occupation de nos vastes territoires par la communauté indienne soit trop souvent encore un cliché, il n’en reste pas moins qu’une incursion en pourvoirie nous ramène incontestablement aux sources et à l’envie d’en connaître davantage, notamment quand il est question de moyens de survie dans une forêt où l’on pourrait si facilement s’y perdre.
Quelques suggestions
Au cœur des grandes pourvoiries, dans les cuisines des auberges forestières, on retrouve aux fourneaux de plus en plus de grands chefs provenant des plus grandes écoles du monde.  C’est le cas de la pourvoirie Kan-à -Mouche de Saint-Michel des Saints où la cuisine, influencée par le terroir régional, est apprêtée à la française par le chef François Lesoin, diplômé de l’École pratique d’industrie hôtelière de Strasbourg. Située aux abords du lac Carmel et propriété du biologiste Gilles Desjardins, la pourvoirie est l’une des plus anciennes auberges de la région. Son développement se fait de façon écologique en total respect de la nature environnante.
À la pourvoirie du Lac Blanc, Gaston accueille ses clients avec la même jovialité légendaire depuis plus de vingt ans. À Saint-Alexis-des-Monts, à 1 800 mètres d’altitude, sur 3 500 hectares de forêt mixte, cette pourvoirie familiale offre hôtellerie de montagne et location de chalets tout équipés. Vous pourrez même dormir en tipi si le cœur vous en dit. Tout ça dans un décor parsemé de chutes, de cascades, de ruisseaux, de lacs et de rivières aux eaux cristallines.
Aux abords du Barrage Gouin, près de la rivière Saint-Maurice, la pourvoirie du même nom offre cette année un relais motoneige.  Du côté de Lanaudière, la pourvoirie Trudeau s’étend sur plus de 50 kilomètres carrés de territoire entièrement préservé. Sur ses sentiers, on croise régulièrement perdrix, lièvres, renards, chevreuils et originaux. La pourvoirie propose une randonnée inoubliable en raquette jusqu’au sommet du Mont Chauve où l’on admire un panorama qui s’étend à perte de vue devant soi: à  600 mètres d’altitude brillent les surfaces gelées du Lac Crépeau tandis que le ciel s’offre en spectacle. On pourra choisir d’y loger en auberge, ou en totale autonomie dans des chalets tout équipés. Les plus aventuriers opteront pour la nuit en refuge, sans eau ni électricité.
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Plus au nord
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Les Hautes-Laurentides offrent également de beaux territoires à explorer. Deux pourvoiries méritent qu’on s’y attarde. La Pourvoirie Mekoos, située à Mont-Laurier, offre de grands espaces : 346 km carrés de nature sauvage incluant 135 lacs et 500 kilomètres de sentier dans des forêts où le gibier cohabite gentiment avec l’humain de passage. On vous y concoctera un forfait à la carte combinant plusieurs activités comme la raquette, le ski de randonnée, la glissade sur tube, la pêche blanche et la motoneige. Le forfait « Trappeur d’un jour » permet de s’initier à la faune et au piégeage en jumelant l’utile à l’agréable.
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Du côté de Ste-Véronique – au nord-est de l’Annonciation- la pourvoirie Cécaurel dresse ses chalets de bois ronds au bord du réservoir Kiamika. L’hiver, le paysage y est saisissant. Dans ce désert de neige, on pratique les activités de randonnée habituelles mais l’expérience en traîneau à chiens mérite à elle seule de prendre le virage au nord.
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De façon générale, les pourvoiries étant souvent situées à proximité des grandes réserves naturelles, des parcs régionaux et nationaux, les possibilités de randonnée et d’activités ne manquent pas. Cet hiver, découvrez l’immensité en restant chez vous…au Québec.
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Encadré
Profession : coureur des bois
Pierre Thibeault est guide-interprète à la Pourvoirie du Lac Blanc. Porteur des traditions et du savoir-faire des coureurs de bois, il a vécu et travaille en étroite collaboration avec les Premières nations depuis plus de trente ans.Â
Le soir, autour d’un bon repas fait de légumes, gibiers et bannique (pain amérindien) cuite sur le brasier, Pierre aime partager ses connaissances historiques et contemporaines de l’Amérique indienne. Place aux contes et légendes : Nanabush, Jacks mistigris, Tshakapesh et Loups-garous sont au rendez-vous!
Lien utile
Fédération des pourvoiries du Québec : fpq.com
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