Cette année, nous aurons attendu l’hiver pour explorer ce qui s’avère être le secret le mieux gardé des plaisirs d’hiver au Québec. Le parc de la Gaspésie ne comporte rien de moins que 25 sommets de 1000m d’altitude et un terrain de jeu exceptionnel pour les adeptes d’aventure douce ou extrême, et ce, tout au long de l’année.

Éric Marchand, mon compagnon de randonnée, est amoureux de la Gaspésie autant que de la neige. En tant qu’ancien professionnel de planche à neige, il a parcouru la planète, de l’Alaska au Japon en passant par la Nouvelle Zélande, à l’assaut des plus beaux dénivelés. Pourtant, la Gaspésie a pour lui quelque chose de plus à offrir que l’Ouest canadien ou américain. Comme un bon café exotique, elle dégage des effluves épicés par la force du paysage, par le contact des Gaspésiens, de leur culture et de leurs incomparables produits du terroir. Depuis plusieurs années, nos pèlerinages en Gaspésie sont devenus une nécessité et cette année, c’est à mon tour de me laisser séduire par l’hiver. Nous disposons d’une semaine et avons planifié en conséquence nos activités dans le triangle d’or blanc, zone reliant trois secteurs d’activités de plein air situés à environ une heure l’un de l’autre.
LE DÉPART: Relais Chic-Chocs
Le premier secteur est délimité à l’ouest par le Relais Chic-Chocs où s’effectue notamment le départ de la Traversée de la Gaspésie en ski de fond. Nous arrivons sur les lieux en soirée pour occuper l’un des trois magnifiques chalets scandinaves, avec vue sur le Mont Logan (1150 m). Aux aurores, nous ne serons pas déçus : le temps est clair, assez pour contempler le sommet de la montagne qui émerge des nuages pour disparaître à nouveau sous un épais brouillard.
Ce matin-là, nous nous joignons à une centaine d’amateurs de ski nordique inscrits à la Traversée et qui quittent le Relais pour se rendre par la piste damée aux pieds de la chaîne de montagnes. Mais il n’y a pas que les amateurs de ski nordique qui rejoignent la montagne. En effet, le relais Chic-Chocs est une porte d’entrée exceptionnelle à l’est vers le parc de la Gaspésie et à l’ouest vers la Réserve faunique de Matane, pour les adeptes de raquette, de randonnée pédestre, de ski de haute route ainsi que pour les motoneigistes. Au moment où nous fartons nos skis, un groupe de motoneigistes américains venus de Pensylvanie arrive sur le site. Ils sont venus chercher la neige, nous disent-ils !
ET LA NEIGE, IL N’EN MANQUE PAS DANS CE COIN DE PAYS !
Le temps presse si nous voulons atteindre notre destination avant la nuit, une trentaine de kilomètres plus loin. Après une journée d’efforts, arrive le temps de déguster les plaisirs de la bonne table gaspésienne. Nous nous arrêtons donc à Mont-Saint-Pierre, le temps d’y faire des rencontres plutôt exceptionnelles dans un cadre simple et pittoresque. Inspirée par Yannick Ouellette, chef gaspésien, la table est succulente et recèle de produits du terroir et de la mer, comme les produits de chez Atkins&Frères, véritables pêchés mignons régionaux. Comme Éric me le dit souvent, si on veut comprendre davantage la force et la culture des Gaspésiens, il n’y a rien de tel que de prendre le temps de s’arrêter dans un village et de parler avec les gens.
PROCHAINE ÉTAPE: Gite du Mont Albert
Le lendemain matin, le groupe de skieurs se met en route vers le prochain village à travers monts et vallées. De notre côté, nous établissons notre camp de base au Gîte du Mont Albert, à une heure de là, afin de profiter des activités d’aventure douce ou extrême offertes à proximité. Depuis les cinq dernières années, le Gîte a développé son offre touristique en fonction de l’hiver. Ainsi, Stéphane Gagnon, jeune entrepreneur de la région, y a créé Ski Chic-Chocs et propose du ski guidé dans l’arrière-pays, avec remontée en chenillette.
Cette année, Ski Chic-Chocs offrira des forfaits de deux ou trois jours avec la Sepaq. Profitez-en car la saison de ski dans les Chic-Chocs s’étale sur une période d’au moins 5 mois par année !
Mont Olivine et Champs de Mars : nous voici !
Au matin, le Mont Albert (1154m) apparaît devant nous, splendide. Le ciel est bleu, la neige est folle, la journée s’annonce excellente pour toutes les activités de ski de fond, de raquette, de sports de glisse ! Pendant que j’achète nos droits d’entrée pour le parc, Éric s’empresse d’appeler son ami Sébastien, maire de Mont-Saint-Pierre, bon vivant, personnalité jeune et dynamique aux divers talents dont ceux de pilote tandem de delta plane et de photographe, Il l’invite à redécouvrir ces lieux en hiver et capturer en images la beauté du paysage.
Ainsi donc commencent trois jours de sensations de bien-être dans un décor revigorant. Ici, c’est l’embarras du choix. Dans un périmètre de vingt kilomètres, il y a des activités pour tous les types d’aventuriers : sentiers de ski de fond, de raquettes et champs de neige pour la pratique du télémark, de la planche à neige et du ski haute route. Nous choisirons la raquette pour monter le Mont Olivine et le Champs de Mars que je redescends en « crazy carpet » (très hilarant !) alors qu’Éric attaque la pente avec quelques autres surfeurs des neiges.
La journée se termine avec chocolat chaud et sauna dans le confort du Gîte, auprès du feu. Pour les fins gourmets, la table du Gîte est un incontournable. Au dehors, le ciel est baigné par la clarté envoûtante d’une lune claire sortant littéralement des nuages.
DERNIÈRE ÉTAPE DU CIRCUIT : Mont-Saint-Pierre et la Vallée Taconique
Nous poursuivons maintenant notre route, en direction de l’est, par la route 132, et nous voilà de retour à Mont-Saint-Pierre. C’est le deuxième secteur du triangle d’or blanc qui réunit le Mont-Saint-Pierre et la Vallée Taconique. Il est plutôt rare qu’on évoque le Mont-Saint-Pierre l’hiver. Il est davantage connu le reste de l’année comme un site exceptionnel de vol libre, un des meilleurs au monde ! L’hiver, il n’est pas interdit d’emprunter le chemin qui escalade la montagne, en raquettes ou à pied, pour accéder au sommet.
Petit conseil : si le chemin est trop plein de neige et la montée au-delà de votre capacité physique, louez une motoneige dans le village car ça vaut vraiment la peine de se rendre au sommet où la vue est spectaculaire ! Pour les amateurs de poudreuse, une autre bonne raison de s’arrêter à Mont-Saint-Pierre en hiver, c’est l’incontournable Vallée Taconique.
Depuis l’année dernière, le jeune promoteur Giovanni a redonné vie à la vallée glaciaire située dans l’arrière-pays. Du village jusqu’au sommet de la Vallée Taconique, le transport est assuré en motoneige ou chenillette. L’expérience est unique. La station totalise cinq pistes en sous-bois sur un dénivelé de 550 m. Ce versant de la vallée reçoit en moyenne 600 cm de neige au cours de l’hiver.
Comme il n’est pas exposé aux vents dominants, les accumulations sont très importantes et la neige d’une excellente qualité. Les remontées s’opèrent en chenillette. Depuis peu, il est également possible de coucher au sommet, dans un refuge situé au-dessus de la cime des arbres.
Point de vue sublime !
Le soir venu, nous cédons à l’invitation de Guillaume et Éloïse d’aller souper à Murdochville, ancienne ville minière qui développe depuis quelques années les secteurs récréotouristique et éolien. La ville est située à quarante minutes de route de Mont-Saint-Pierre, dans le troisième secteur du triangle d’or blanc. Il y a quelques années, le jeune couple y a acheté un très grand bâtiment qu’il a transformé pour devenir l’Auberge du Chic-Chac. Guillaume, gaspésien pure laine et grand passionné de plein air, est guide chez Vertigo Aventure. Il nous parle abondamment du Mont Miller, au coeur de Murdochville, qui peut se vanter d’être la seule station de ski au Québec à être située en plein centre-ville. La poudreuse y est grandement convoitée. Ici, pas besoin de prendre l’auto pour aller skier, pas de file d’attente, une neige naturelle abondante et une atmosphère conviviale ! Le lendemain, sous l’oeil vigilant d’Éric, je me lancerai pour la première fois en planche à neige sur l’une des vingt-et-une pistes de la station.
Souvenir mémorable ! Plaisir contagieux !
ADIEU TRIANGLE D’OR BLANC !
NOTRE SÉJOUR D’UNE SEMAINE S’ACHÈVE DÉJÀ. À L’AUBE, NOUS REPRENONS LENTEMENT LA ROUTE VERS SAINTE-ANNE-DESMONTS EMPRUNTANT « LA ROUTE DU PETIT PARC » POUR REJOINDRE LA 299 QUI TRAVERSE LA GASPÉSIE SUR UN AXE NORD-SUD.
LES PAYSAGES SONT SAISISSANTS ! IL A NEIGÉ TOUTE LA NUIT ET LA GASPÉSIE EST ENCORE PLUS BELLE AU PETIT MATIN. ON QUITTE LA RÉGION LE COEUR BIEN REMPLI, LA TÊTE PLEINE D’IMAGES. LA MAGIE GASPÉSIENNE A OPÉRÉ ENCORE UNE FOIS.
TOTALEMENT.






