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Toundra et taïga au cœur de Charlevoix

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par Sylvain Desmeules

Peu de régions peuvent se vanter de camoufler jalousement deux parcs nationaux québecois. C’est pourtant le cas de Charlevoix où se côtoient deux territoires uniques, différents mais complémentaires, plus de 500 kilomètres carrés de lacs, de rivières, de forêts et de montagnes, où la richesse de la flore sert bien la diversité de la faune. un échantillon exceptionnel d’un écosystème nordique.

 

 

Grands-Jardins

Le parc national des Grands-Jardins a été créé en 1981, mais jouit depuis le début du XXe  siècle d’une réputation sans équivoque. Terre fertile des clubs privés de pêche et terrain de jeu des illustres coureurs des bois de la région, tel Thomas Fortin (1858-1941), ce parc de 310 kilomètres carrés est aussi un échantillon exceptionnel d’un écosystème nordique. On y retrouve une taïga rarement observée aussi au sud, ce qui explique la présence du caribou, aujourd’hui encore dispersé ça et là sur le territoire.

Découvrir ce parc, avec comme alibi la pêche, demeure une expérience de grande qualité.
Les 120 lacs du territoire, la plupart d’origine glaciaire, regorgent de truites indigènes. Mais il y a plus!

 

Le point culminant des Grands-Jardins se trouve au Mont de l’Enfer, à 1100 mètres d’altitude. Toutefois, l’ascension la plus populaire demeure celle du Mont du Lac des Cygnes, une randonnée de 5,2 kilomètres qui  mène à 980 mètres d’altitude, avec vue spectaculaire sur la vallée du Gouffre et le cratère météoritique de Charlevoix. Près de 40 kilomètres de sentiers pédestres sillonnent le secteur qui compte plus de 94 sites de camping.

D’où vient le nom des grands jardins? Des écrits datant de 1872 mentionnent déjà le terme «jardins» pour décrire ce tapis de lichen pigmenté de petites épinettes arrondies, une ressemblance, format géant, avec les classiques jardins anglais.


Hautes-Gorges

Plus jeune, mais non moins spectaculaire, le parc national des Hautes-Gorges a été créé en 2000. Sa superficie de 224 kilomètres carrés est parsemée d’une dizaine de vallées suspendues, souvent latérales à la rivière Malbaie, cordon ombilical des deux parcs nationaux de Charlevoix. Cette dernière coule d’abord dans les Grands-Jardins avant de s’engouffrer dans la vallée des Hautes-Gorges sur une longueur de 35 kilomètres.

On y retrouve les plus hautes parois à l’Est des Rocheuses. Il suffit de gravir l’Acropole des Draveurs (9 kilomètres), une paroi d’un dénivelé de 800 mètres, pour se retrouver la tête dans les nuages. Les 26 kilomètres de sentiers pédestres et la centaine de kilomètres de pistes cyclables sont des corridors de prédilection pour découvrir le secteur, agrémenté de 154 places de camping.

Au cœur du parc, à proximité du barrage des Érables, témoin de l’activité de la drave exercée pendant des années, le centre de service des Draveurs propose une panoplie d’activités nautiques. Ici, les canots et kayaks ainsi que le populaire bateau-mouche ont l'air de minuscules insectes sur un cours d’eau tranquille, intimidés par d’immenses murailles.

Mission
Conserver, protéger et découvrir résume la mission des parcs nationaux, placés sous la gestion de la Sépaq. Évidemment, chacune des activités comporte un tarif et la seule incursion dans le parc exige une autorisation d’accès (3,50$). Ceci dit, chaque visite en vaut la peine et il est possible de se procurer la carte d’accès annuelle de la Sépaq. Deux moyens pour s’informer: le 1-800-665-6527 ou le www.parcsquebec.com.

Magazine Découvertes, n°1, Été 2008, p.15



Written by :
Maxime
 
 

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