Même à l’ombre d’un gros chêne on discerne toujours l’azur de l’océan dans les yeux de l’insulaire, comme si une part d’infini et de liberté habitait chacun d’eux. Et pourtant, par définition la réalité géographique d’une île se distingue par le caractère spécifique d’une forme d’isolement, entourée qu’elle est, d’une eau fortement ou modérément salée, dont les mouvances sont directement liées au fleuve puis à l’océan. C’est peut-être cette profonde mais à la fois paradoxale « liberté entourée d’eau » qui colore la personnalité des habitants d’îles et qui les rend si attachants.
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Les îles du Saint-Laurent au Québec
Rien de tel que les îles du Saint-Laurent pour attirer le regard de quiconque voulant se plonger dans une perspective différente qui l’emmène dans l’ailleurs de la vie ! Et les vieux marins en particulier vous inviteront à « faire marée » !
C’est ainsi que d’îles en îles je me suis permis de poser mes pénates et de goûter de tous mes sens les terres insulaires du Saint-Laurent. La sensation que l’on éprouve quand on est sur une île est comparable à celle des baleineaux qui, après quelques longues valses aquatiques les éloignant de la terre ferme, se permettent de regarder vers la côte et d’observer depuis le fleuve, les humeurs du temps. Un privilège que nous accordent avec tant de chaleur et d’empressement, nos insulaires québécois!
MARCEL BOUCHARD, "Magazine Découvertes", n°1, Été 2008, p.3
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