Accueil Ailleurs PLEIN GAZ SUR BALI !

PLEIN GAZ SUR BALI !

Imprimer PDF
Note des utilisateurs: / 1
MauvaisTrès bien 

 

altpar Tania Berthelot

Moteur, à go j'enfourche ma moto! À cinquante mètres de là, me voilà déjà freinée dans mon élan par un défilé de canards traversant la chaussée vers la rizière la plus proche. Je comprends soudainement que tout le trajet ne sera qu’une suite de rencontres me forçant à expérimenter les éléments qui m’entourent, comme le décrit si bien Pirsig dans son roman  Le traité du zen et l’entretien des motocyclettes. J’ai certainement quelque chose à apprendre ici.


 

 

 

 

 

 


L’avion amorce sa descente sur l’aéroport de Denpasar en survolant un groupe de surfeurs. Salam Datang ! Ou Au paradis du surf… comme en témoigne l’immense vague sculptée dans l’aérogare. Bali est aussi mondialement réputée pour la plongée et ses stations balnéaires, notamment dans la région de Kuta. Nous avions également entendu dire que l’île était une oasis de verdure, riche en traditions hindouistes, d’où ses surnoms de Green, Green Bali  et d’île des Dieux .

La majorité des touristes s’agglutine surtout sur les plages surpeuplées du sud. Nous décidons plutôt de découvrir l’intérieur de l’île. Pas en bémo (bus local), taxi, auto ou excursion organisée, mais à moto, pour plus d’autonomie, de contacts rapprochés avec la population et d’osmose avec les paysages et permettant ainsi de nous enivrer des odeurs tropicales et du parfum des frangipaniers.

C’est aussi la géographie qui nous indique ce choix : avec seulement 140 km d’est en ouest et 70 km du nord au sud, Bali, comparée aux grandes îles voisines de Java et Sumatra, apparaît facile à sillonner en deux semaines; sa forme en dent de requin et son relief volcanique accidenté nous suggèrent qu’il peut être moins périlleux et surtout moins long d’y voyager à moto. Enfin, les Balinais prédisent l’arrivée de la saison des pluies avec un mois de retard cette année ainsi novembre s’avère idéal pour se balader sur deux roues ! Moteur, donc, pour un remake du film Toute la beauté du monde... est à Bali !

 

EN SELLE !

Louer une moto est simple à Bali. Notre permis de conduire international en main, nous voilà rapidement locataires de deux motos Honda 125cc à transmission automatique, plus confortables et performantes que le scooter.

 

Ubud, capitale culturelle située au centre de l’île, est l’endroit idéal pour établir sa base et y laisser une partie des bagages pour des trips de plusieurs jours. Au nord d’Ubud, les routes tentaculaires traversent la chaîne volcanique, qui s’étend d’ouest en est jusqu’à la route côtière. Au sud, le réseau routier est plus développé et achalandé. Sauf quelques routes du sud, les routes de Bali sont en très bon état. Étroites, sinueuses, bien asphaltées, elles dessinent un réseau miniaturisé à l’échelle de cette petite île, rappelant ces tapis de jeu réalistes sur lesquels les enfants font rouler leurs petites autos ! Panoramiques, elles offrent des vues magnifiques ! Côté conduite, c’est une autre affaire ! En l’absence de code et d’indications routières claires, sensations fortes garanties.  Mieux vaut donc  ouvrir grand œil et oreilles, la conduite se faisant au klaxon ! Mais, sous leur apparence de conducteurs téméraires, les Balinais confirment leur réputation de peuple pacifique et respectueux. Quand on évite les quelques nids de poules et les chiens qui y dorment, les camions Mitsubishi, minuscules jouets et rois de la route, la moto reste le moyen le plus sympathique pour suivre les petits chemins s’enfonçant dans les rizières, une procession vers un temple, une fête, ou pour s’imprégner des odeurs, de la lumière et de la vie à Bali.

 

EFFLUVES D’ENCENS ET DE CAFÉ…

Ici, la chaleur est saturée d’humidité. Les volcans aux pentes fertiles et la végétation luxuriante dissimulent une variété étonnante de cultures. Depuis Lovina, petite station balnéaire au pied des montagnes du nord, chaque journée offre une route différente menant à de pittoresques villages. Dès l’aube, au chant des coqs et avant la chaleur écrasante du jour, dans les aboiements des chiens et le ronronnement des motos des Balinais, nous enfourchons comme eux nos motos à la recherche de fraîcheur, de verdure, et des nombreuses cascades où il fera bon se baigner. Nous caracolons lentement sur nos montures à travers des rizières en terrasses méticuleusement entretenues, des plantations de cacaoyers, caféiers, arachides, manioc, papayers et girofliers. Nous sommes littéralement enveloppés par la végétation tropicale et grisés par une brise fraîche aux mille parfums ! À chaque virage, il y a le plaisir d’une découverte ou d’une rencontre. Comme ce souvenir de ces champs d’hortensias bleus autour de Munduk, à plus de 1000 m d’altitude, destinés aux offrandes aux dieux de l’hindouisme. Ou ce père et son fils partageant leurs mangues avec nous. Ou cet homme, grimpé sur sa moto, cueillant pour nous des litchis. Cette pluie soudaine et ces panoramas plongeant sur la mer. En bas, noirceur totale dans ce village où l’on a coupé l’électricité pour quelques heures, au crépuscule, par souci d’économie.

Le soir est notre moment préféré, quand redescendant les montagnes, nous sommes mêlés aux hommes et femmes quittant à moto les rizières pour regagner leurs maisons. Les vies sociale et religieuse reprennent. Sur le pas des portes, on confectionne les offrandes avec, omniprésente, l’odeur d’encens des bâtonnets tenus entre les paumes jointes des femmes en prière.

 

BEAUTÉ, GRÂCE ET SOURIRE…

Les Balinais sourient en toutes circonstances et en permanence ! Quand ils roulent à cinq sur leur moto, transportant cages à poules ou petits commerces ambulants. Quand, avec respect et gentillesse radieuse, ils nous conseillent la prudence à moto. Quand la pluie diluvienne nous surprend et les réjouit, ils nous offrent l’abri d’une hutte de palmes pendant qu’ils collectent, dans cette salle communautaire rudimentaire, l’argent qu’apportent les familles pour l’une des nombreuses fêtes religieuses annuelles, la construction ou la réparation d’un temple. Ils sourient aussi quand Nyoman Boudha, à qui nous demandons notre chemin, nous emmène le lendemain à la chasse aux pigeons, écureuils et chauves-souris, si délicieux parait-il !

 

La vie déroule grâce et beauté au long des routes. Quand les villageois aménagent demeures et jardins, veillant à la propreté. Quand ils façonnent les rizières ou sculptent avec des outils rudimentaires des objets de bois (même les cure-dents sont sculptés) qu’ils exposent partout sur les trottoirs. Quand ils se lavent ou tressent leurs cheveux au bord de la route ou lorsqu’ils portent sur leur tête des pyramides de paniers. Le soir venu, pendant que les Balinais revêtent leurs plus beaux habits traditionnels et que les femmes confectionnent les offrandes de fleurs et de fruits, nous roulons doucement, à la rencontre d’un peuple souriant comme nous n’en avions encore jamais rencontré. Serait-ce là, dans l’hindouisme, que se trouverait en partie la source de tout ce bonheur?

 

Si c’est en voilier qu’il nous fallait absolument découvrir l’archipel des Bahamas (1), c’est à moto que le sourire de Bali nous a été révélé.

 

 

 

 

 

 

Tania Berthelot est l’auteur de l’article Lever l’ancre en famille publié dans l’édition de juin 2009 du magazine Découvertes. Elle est directrice adjointe d'Aérosport (Iles de la Madeleine et Oka) et grande voyageuse devant l’éternel.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Written by :
Découvertes
 
 

Liens Utiles

Quebec, Canada
Temp: 4°C
T° vent: 2°C
Humidité: 81%
Vitesse: 8 km/h
Direction: 260°
Pression: 1020.3 mb
W
Afficher plus de détails
Changer de ville...

0 membres et 11 invités En ligne